La crise de cannabis d’Aryan Khan

La crise de cannabis Aryan Khan WeedX

Le Cannabis en Inde

 

En Inde, ce fut une terrible nouvelle lorsqu’Aryan Khan – le fils de la superstar de Bollywood Shah Rukh Khan et une cĂ©lĂ©britĂ© lui-mĂȘme – a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par l’Ă©quivalent du pays DEA sur un bateau de croisiĂšre de luxe Ă  destination de Mumbai Ă  destination de la ville de Goa.

 

Des agents ont saisi 21 grammes lors d’un raid le 2 octobre charas (haschisch), 13 grammes de cocaĂŻne, cinq grammes de mĂ©phĂ©drone et 22 comprimĂ©s de MDMA (communĂ©ment appelĂ©e ecstasy). Huit collĂšgues de haut rang de Khan ont Ă©galement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s.

 

Le dépÎt a été refusé pendant 27 jours

 

Les neuf ont Ă©tĂ© emprisonnĂ©s Ă  Mumbai et officiellement inculpĂ©s le lendemain d’avoir enfreint plusieurs dispositions de la loi sur les stupĂ©fiants. Ceci malgrĂ© le fait qu’aucune drogue n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e sur Khan.

 

L’Agence de contrĂŽle des stupĂ©fiants (NCB) a dĂ©clarĂ© qu’elle Ă©coutait ses discussions sur WhatsApp et a trouvĂ© des preuves que Khan Ă©tait un « utilisateur rĂ©gulier de contrebande » et pourrait mĂȘme avoir Ă©tĂ© impliquĂ© dans le commerce international de la drogue. Il s’est vu refuser la libĂ©ration sous caution.

 

Le pĂšre puissant de Khan a mis l’ancien procureur gĂ©nĂ©ral indien Mukula Rohatgi dans son Ă©quipe de dĂ©fense, mais la chambre spĂ©ciale antidrogue de la Cour suprĂȘme Ă  Mumbai a refusĂ© de libĂ©rer sous caution jusqu’au 30 octobre. Khan et ses codĂ©tenus ont chacun dĂ» payer une caution de 100 000 roupies (environ 1 350 dollars) et remettre leurs passeports.

 

Khan risque 10 ans de prison s’il est condamnĂ©.

 

Et l’affaire a dĂ©clenchĂ© une enquĂȘte secondaire des procureurs de Mumbai sur des allĂ©gations selon lesquelles des agents du BCN auraient tentĂ© de secouer le directeur Shah Rukh Khan Pooja Dadlani pour un pot-de-vin afin de libĂ©rer le jeune Khan sans inculpation. Dadlani a Ă©tĂ© citĂ© Ă  tĂ©moigner dans cette affaire, mais n’a pas comparu deux fois.

 

Un autre buste avec un profil haut

 

Ce n’est lĂ  qu’un des rares gros titres qui secouent l’Ă©lite indienne. Un autre concerne le gendre de nul autre que le chef du NCB, Nawab Malik, qui est Ă©galement le ministre du Maharashtra, le deuxiĂšme État le plus peuplĂ© d’Inde. Le gendre de Sameer Khan a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en janvier lors d’une descente dans une maison privĂ©e d’une banlieue luxueuse de Mumbai, oĂč prĂšs de 200 kilogrammes de cannabis sĂ©chĂ© ont Ă©tĂ© trouvĂ©s.

 

Sameer Khan n’Ă©tait pas prĂ©sent dans la maison perquisitionnĂ©e, mais a Ă©tĂ© immĂ©diatement accusĂ© de complot de transport sur la base de ses huttes WhatsApp. Il a finalement obtenu une caution de 50 000 roupies le 27 septembre et risque un maximum de 20 ans s’il est reconnu coupable.

 

Fait intĂ©ressant, les autoritĂ©s ont dĂ©clarĂ© que 200 kilogrammes de Cannabis avaient Ă©tĂ© importĂ©s dans le pays. Bien que l’Inde soit un important producteur de cannabis avec une tradition millĂ©naire d’utilisation spirituelle de la plante, la culture hydroponique canadienne serait en vogue dans ce pays, les autoritĂ©s surveillant les rĂ©centes saisies de la substance.

 

Et encore plus de ferraille pour la presse jaune indienne, l’acteur Armaan Kohli, fils du lĂ©gendaire producteur de Bollywood Rajkumar Kohli, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par des agents du NCB en aoĂ»t pour possession de 1,2 gramme de cocaĂŻne. Un tribunal de Bombay lui refuse la libĂ©ration sous caution tandis que le NCB enquĂȘte sur les allĂ©gations de trafic Ă  son encontre, toujours sur la base de ses conversations via WhatsApp.

 

Vie privée et droits civils

 

Bien que ces cas aient attirĂ© l’attention parce qu’ils ont capturĂ© les descendants de l’Ă©lite indienne, ils posent des problĂšmes qui concernent les gens ordinaires dans un pays oĂč l’espace politique se referme en sept ans de rĂ©gime de droite.

 

Il a Ă©tĂ© supposĂ© qu’Aryan Khan Ă©tait la cible parce qu’il appartenait Ă  une importante famille musulmane qui n’a pas rĂ©ussi Ă  s’unir avec le gouvernement fondamentaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi. Bollywood a Ă©tĂ© fortement critiquĂ© par la droite « hindoue » pour avoir prĂ©tendument Ă©rodĂ© les valeurs traditionnelles de la mĂȘme maniĂšre que les fondamentalistes chrĂ©tiens critiquent Hollywood aux États-Unis.

 

Le cas d’Aryan Khan a Ă©galement attirĂ© l’attention du public sur la façon dont un citoyen peut rester enfermĂ© pendant longtemps sans aucune condamnation – mĂȘme issu d’une famille riche qui peut se permettre une caution. Jusqu’Ă  70 % des personnes derriĂšre les barreaux en Inde sont en dĂ©tention provisoire. Fin 2019, plus d’un lakh (100 000) Ă©taient en prison et attendaient leur procĂšs depuis plus d’un an, a rapportĂ© l’annĂ©e derniĂšre le journal The Hindu.

 

Et puis il y a la question de la surveillance policiĂšre Ă  l’Ăšre numĂ©rique, oĂč chaque communication laisse une trace indĂ©lĂ©bile. Commentant l’affaire Aryan Khan pour le site Web Jurist, la paire de juristes indiens Ă©crit : « L’affaire est Ă©galement un bon exemple de la facilitĂ© avec laquelle les autoritĂ©s sous couvert de sĂ©curitĂ© nationale peuvent violer la vie privĂ©e en regardant nos chalets privĂ©s dans des forums tels que WhatsApp : « On ne peut qu’espĂ©rer que la saga Aryan Khan apportera bien plus au premier plan qu’un simple Ă©pisode de potins de Bollywood. »